Délégationde l’Isère

Un très beau moment à Teisseire

On m’avait conseillé de participer au « repas et partage de Teisseire », au sud de Grenoble. « Tu verras, c’est super et puis il y plein de gens intéressants. Ce serait bien que tu les rencontres. » Avec les deux responsables nous nous mettons d’accord sur ma venue : ce sera le lundi suivant.

Un très beau moment à Teisseire

Lundi 17 novembre. Pluie battante. J’arrive un peu après l’heure prévue, les pieds trempés. Le plan, dessiné par Gérard, est en décomposition dans ma poche.

Tout le monde n’est pas encore présent, mais l’ambiance est bon enfant. Certaines personnes sont déjà attablées et discutent, avec le sourire. Je me présente, serre les mains, fais des bises.

La majorité des personnes accueillies sont des personnes âgées, parfois en situation d’isolement. Et pourtant toujours actives : la doyenne du groupe, 93 ans au compteur, s’attellera à la fin du repas à essuyer la vaisselle !

Je m’assieds près de Mousse (Mustapha), en bout de table. Il va au « repas et partage de Teisseire » depuis environ un an. Un rendez-vous hebdomadaire qui fait désormais partie de son quotidien, et c’est pour lui l’occasion de « se rendre utile, m’explique-t-il. C’est vraiment devenu une habitude de venir déjeuner ici tous les lundis. Et puis j’ai proposé à Mado, aussi, de venir. » Madeleine, alias Mado, est assise à sa droite. « Avant c’était “bonjour-au revoir” avec elle, et maintenant qu’elle vient, on discute plus ! » Mado acquiesce avec un sourire.

Le repas partage c’est aussi cela, tisser des liens avec les voisins, les gens du quartier avec qui on n’a jamais vraiment échangé. L’occasion de prendre le temps de se rencontrer.

La salade d’endives-pamplemousse-gruyère-raisins secs est délicieuse. On se resserre. On enchaîne avec un chili con carne. On se resserre. Qu’est-ce qu’elles cuisinent bien, les deux bénévoles ! En dessert, kiwis fraîchement ramassés du jardin de l’une des convives et crèmes desserts pour les plus gourmands.

On discute du Secours Catholique, de son rôle social, de la fille de Mousse, étudiante en marketing à Lyon, de la fille de Mado, qui habite dans les montagnes mais travaille à Grenoble. Certains sont plus bavards que d’autres.

Je demande naïvement si, par habitude, ils s’asseyent toujours à la même place. « Non non, on se met où on veut. Sauf là-bas, elles sont souvent aux mêmes places ! », me répond Mousse, en levant le menton. C’est vrai qu’elles sont une bonne équipe, à l’autre bout de la table. Elles parlent beaucoup et on les entend rire. « Des années que je viens », me dira l’une d’elles, un peu plus tard.

Le repas terminé, Mousse file dans la cuisine : « On a tiré au sort et c’est moi qui suis de corvée ! », dit-il ingénument. Chacun s’active et la table est débarrassée petit à petit.

Après son habituelle cigarette-café, je prends un temps pour discuter au calme avec Mousse. Il me donne sa vision du Secours Catholique.

« Le Secours Catholique fait un travail social. Les gens ont des idées préconçues sur ce qu’il est, par manque de connaissance. Mais ce n’est pas de l’assistanat ! Le Secours permet aux gens de s’insérer, et on en a besoin, même dans un pays comme la France.

Ce qui me plaît, c’est qu’il permet l’insertion professionnelle, par exemple. C’est le plus important. Après t’as un but dans ta vie, tu te sens utile. Le plus important c’est vraiment d’amener les gens à être autonome. Quand tu bosses pas, tu es inexistant, tu es jugé. Le jugement, ça se fait de plus en plus. Les gens, ils jugent sans références, sans savoir. Le Secours, lui, est présent sans juger, c’est pour ça qu’il est bien reçu, dans les quartiers difficiles par exemple. »

Nous terminons notre discussion. Je le remercie pour ce temps d’échange, remercie les participants pour leur accueil chaleureux et convivial et pars avec un grand sourire, heureuse de ces rencontres. J’ai passé un très beau moment. J’y retournerai, c’est certain.

Faustine
Volontaire en service civique

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