Délégationde l’Isère

Rejoindre l’autre, là où il est…

Paroles du territoire

Henri Ramus est coresponsable avec Georges Vauthier de l’équipe de La Côte-Saint-André. L’équipe est composée de treize bénévoles. Ils ne sont que trois ou quatre à faire de l’accompagnement. La plupart du temps, cela se produit dans un même local. Certains jours, la polyvalence est donc difficile et dense ! Aujourd’hui Henri et Georges évoquent leur bénévolat, tour de rôle, avec enthousiasme et réalisme.

Rejoindre l'autre, là où il est…

Quelles sont les spécificités de l’activité de l’équipe de La Côte-Saint-André ?
HR :
Nous recevons actuellement beaucoup de Macédoniens et maintenant des Tunisiens. Ces derniers temps nous nous occupons aussi de personnes en très grand difficulté, des SDF, des personnes qui logent dans leur voiture. Ils ne sont pas très nombreux. Ce sont des situations difficiles qu’il faut accompagner assez longuement. Ils ont perdu leur emploi, parfois perdu leur logement. Ils sont provisoirement à la rue ou abandonnés par la famille. Grâce à des bonds d’essence, nous leur permettons de se déplacer, de rechercher un travail. Nous fournissons également des chèques-services avec lesquels ils vont faire leurs courses au supermarché.

Des situations particulières ?
HR :
Je pense à ce Tchèque, qui vit en France depuis très longtemps et aurait droit au RSA. Nous l’accompagnons dans ses démarches pour qu’il l’obtienne. De plus il a dû changer sa voiture. Comme elle a été achetée en Tchéquie il a dû régulariser ses papiers de véhicule (certificat de conformité, contrôle technique…).

Êtes-vous toujours d’accord dans votre équipe pour accompagner des gens aussi loin ?
GV :
Dans une équipe on n’est pas toujours d’accord pour cela c’est clair, il ne faut pas avoir peur de le dire. Je pense à ce couple de Macédoniens avec trois enfants qui avaient peur d’être chassés de France parce qu’ils n’avaient plus de permis de séjour. Ils sont d’abord partis pour l’Italie et sont maintenant en Allemagne. On s’en occupait à notre antenne depuis plusieurs années, mais des personnes de la paroisse aussi. Nous les avons suivis beaucoup plus que d’autres, nous leur avons donné davantage d’argent, même si cela a été fait, en partie, en dehors du Secours Catholique, avec d’autres partenariats et notamment dans le cadre de la paroisse. Certains bénévoles s’impliquent personnellement. Notre équipe était très travailleuse, mais certaines bénévoles n’auraient pas été d’accord pour aller aussi loin dans l’accompagnement.

Vous suivez également des personnes qui restent dans la région ?
HR :
Il y a aussi la situation de Laurent* qui vivait seul à La Côte-Saint-André, même s’il a deux frères, qui avait du mal à gérer son argent. Il avait effectué plusieurs séjours à l’hôpital psychiatrique et ne pouvait plus vivre seul. Georges l’a accompagné au moment de sa mise sous tutelle et durant son hospitalisation. Il va le visiter de temps en temps maintenant qu’il est installé définitivement dans une maison de retraite et de soins psychiatriques.

Êtes-vous « attaché » à certaines personnes que vous suivez ?
GV :
Oui, je pense qu’on s’attache à certaines personnes, et c’est vrai que moi je me suis attaché à Laurent*. Il est tellement seul. Il m’a dit un jour que sa vie avait été une croix ! Il peut être violent mais en même temps il a un côté attachant. Je vais le voir parce qu’il n’a personne qui vient le visiter à part ses frères de temps en temps et ça lui fait plaisir.

Interview réalisée par Josyane H.

* Le prénom a été modifié.

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