Délégationde l’Isère

Que deviennent les invendus de nos espaces solidaires ?

Retour sur la visite de 50 bénévoles à Evira

Fin janvier, cinquante bénévoles du Secours Catholique de l’Isère se sont retrouvés à Emmaüs Vêtements Insertion Rhône-Alpes (Evira), entreprise d’insertion et de tri de vêtements.
L’objectif de cette rencontre ? Comprendre ce que deviennent les invendus des différents espaces solidaires du Secours Catholique de l’Isère.

Que deviennent les invendus de nos espaces solidaires ?

publié en février 2015

L’entreprise se situe à Saint-André-le-Gaz, dans une ancienne usine de confection de carrés Hermès – le « showroom » et les grands miroirs sont là pour nous le rappeler. Evira, entreprise d’insertion et de tri de vêtements appartenant à Emmaüs, partage son immense espace de 4 000 m² avec Emmaüs Mutualisation Rhône-Alpes (Emra), qui gère également l’espace de vente.

Yannick, directeur d’Evira, accueille chaleureusement tous les bénévoles du Secours Catholique. Après une présentation de la structure, il nous fait visiter les locaux. Nathalie, chef d’atelier et de formation, prend ensuite le relais pour nous expliquer plus précisément le tri.

L’entreprise Evira est née en 2004, période durant laquelle le marché du textile d’occasion va au plus mal. Dans les espaces de vente d’Emmaüs, le stock de vêtements grossit et les prix de mise en décharge flambent. Devant le volume croissant de textile, il faut trouver une solution afin de ne pas être noyé sous la masse : c’est dans ce contexte qu’Evira est née. Sa raison d’être : écouler les vêtements et minimiser les déchets. L’entreprise a soufflé sa dixième bougie en novembre dernier. Elle emploie aujourd’hui quarante salariés, dont trente en insertion et dispose de sa propre boutique à Lyon : 250 m² de vêtements, d’accessoires et de chaussures qui emploient six personnes.

Evira fonctionne de la manière suivante : elle collecte et trie tous les invendus des boutiques solidaires du Secours Catholique. Des « trieurs » et des « trieuses » jugent du devenir de votre pull, tee-shirt, jean, drap, chaussure… Le processus est semi-industriel : 800 à 1 200 tonnes de vêtements sont triés par an. Du haut de leurs ateliers – il en existe en tout une dizaine –, les « trieurs » et les « trieuses » lancent les tissus dans les bacs appropriés. Un second tri sera ensuite effectué afin d’affiner les catégories.

Le modèle économique est basé sur celui du Relais, entreprise d’insertion membre d’Emmaüs France et de l’Inter Réseau de la Fibre Solidaire (IRFS). Evira applique son cahier des charges de tri et le Relais est son principal client : c’est à lui que revient l’aspect commercial et le devenir des vêtements. Votre pull, tee-shirt, jean, drap finira donc peut-être dans des centres de tri en Afrique ou en Europe de l’Est, ou sera transformé en Combustible Solide de Récupération (CSR), en filtre d’isolation thermique et acoustique ou en chiffons… Un panel de devenir pour tous ces tissus dûment triés !

Côté finances, 80 % des ressources proviennent des ventes. Les 20 % restants sont des aides publiques pour l’accompagnement socio-professionnel des salariés.

En 2014, l’entreprise compte 0,5 % de déchets ultimes, une réelle performance.

Les seize espaces solidaires du Secours Catholique de l’Isère sont donc un des maillons essentiels du bon fonctionnement d’Evira. L’entreprise en tire sa matière première : le textile. Le Secours Catholique se félicite de ce partenariat qui contribue à faire fonctionner une entreprise d’insertion luttant contre l’exclusion professionnelle.

Dans nos espaces solidaires, les bénévoles ne verront plus jamais les invendus de la même manière !

Merci à Nathalie, à Yannick et à toute l’équipe d’Evira pour leur chaleureux accueil !

FT

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